Certains esprits chagrins semblent penser que sur le plan de l’évolution de la jurisprudence en matière de secte ou de dérive sectaire l’action de la Miviludes aurait été nulle. C’est oublier le renvoie récent de 7 membres de l’église de Scientologie - dont deux personnes morales parisiennes es qualité devant le tribunal correctionnel - mais ce n’est pas tout.
Ainsi les Témoins de Jéhovah avaient cru bon d’attaquer la Miviludes parce que celle-ci, sur son site web, avait repris le 4 ème de couverture d’un ouvrage relatant le Témoignage de Nicolas Jacquettes - qui avait d’ailleurs été auditionné par la Comission d’Enquête Parlementaire sur les sectes et l’enfance.
Ils seront d’abord déboutés en référé mais ayant eu la mauvaise idée de poursuivre au fond devant le Conseil d’Etat et là encore ils ont été débouté de leur action contre la Miviludes.
“Considérant, en premier lieu, qu’eu égard aux risques que peuvent présenter les pratiques de certains organismes susceptibles de conduire à des dérives sectaires, alors même que ces mouvements se présentent comme poursuivant un but religieux, la décision par laquelle la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, conformément à la mission d’information du public qui lui a été confiée par les dispositions précitées de l’article 1er du décret du 28 novembre 2002 se borne, sans y adjoindre aucun commentaire, à signaler sous l’intitulé « Témoignage » dans la rubrique « Bibliographie » de son site Internet les références d’un ouvrage relatant le témoignage d’un ancien membre des témoins de Jéhovah ainsi que la reproduction de la 4ème de couverture de l’ouvrage, illustrée d’une photographie de la page de couverture, selon laquelle l’ouvrage entend « dénoncer les dérives sectaires sous toutes [leurs] formes », ne méconnaît, dans les circonstances de l’espèce, ni le principe de neutralité et de laïcité de la République, ni l’obligation d’impartialité qui s’impose à l’autorité administrative, ni le principe de liberté du culte, dès lors, notamment, qu’il n’est pas établi que l’ouvrage dont s’agit présenterait un caractère mensonger ou diffamatoire ;”
Bien entendu les TDJ en leur mémoire devant le Conseil présentaient des documents supposés démontrer que le dit ouvrage étaient diffamatoire, il semblerait donc qu’il n’en soit rien.
Conclusion Miviludes 1 : Jéhovah zéro et Ko debout … Quant on veut faire dans la boxe procédurière, il est inutile d’agiter ses petits poings encore faut-il avoir du punch.
Selon une note de Nicolas, il semble que les TJ dans le dernier round devant le CE aient abandonné l’argument du caractère diffamatoire de ses propos !!!
Le Blogmaster : ” En pure perte semble-t-il puisque le conseil d’Etat a donné une appréciation dont la WT se serait bien passée. Où peut on trouver la note de Nicolas ?
Le Blogmaster : ” En pure perte semble-t-il puisque le conseil d’Etat a donné une appréciation dont la WT se serait bien passée. Où peut on trouver la note de Nicolas ?
Nicolas avait écrit cette note en réponse à un article sur Via Véritas, le 3 décembre 2007.
Je le cite :
Les Témoins de Jéhovah ont donc porté plainte contre la Miviludes en mesure d’urgence devant le juge des référés du Conseil d’Etat, accusant la Miviludes de faire la “promotion d’un ouvrage à caractère diffamatoire”. Ce qu’ils n’avaient pas prévu c’est que le juge des référés demanderait à m’entendre, mon livre étant au centre de la plainte. J’ai donc du produire également un mémoire de réponse à la plainte des Témoins de Jéhovah dans lequel j’ai montré point par point que tout ce que je relate dans mon témoignage est strictement conforme aux injonctions présentes dans la littérature des Témoins de Jéhovah qu’ils diffusent à des millions d’exemplaires dans le monde entier, en citant pour chaque point les périodiques ou livre du mouvement (27 pièces jointes au dossier). Ainsi donc mes propos n’ont rien de diffamatoires. Ce qu’ont bien été obligés de reconnaître les Témoins de Jéhovah qui, dans leur second mémoire de réponse, ont abandonné l’accusation de diffamation sur mon témoignage, à laquelle ils ont préféré celui de “diabolisation par une généralisation” (ce qui n’a aucune signification juridique contrairement à diffamation) et ont même admis le caractère “honorable” de témoignages comme le mien. Après cette rétractation dans l’urgence (mémoire envoyé le jour de l’audition devant le Conseil d’Etat), et ayant fondé leur plainte contre la Miviludes sur le caractère prétendument diffamatoire de mon livre, les Témoins de Jéhovah n’étaient plus légitime dans leur requête. Ni l’urgence, ni le motif n’étaient plus fondés, ce que les représentants de la Miviludes et moi-même n’avons pas manqué de souligner devant le juge des référés en face des représentants des Témoins de Jéhovah qui se sont livrés à une plaidoirie emphasée et sortant constamment du sujet d’origine. Nous étions donc très confiants en quittant la salle d’audition, à juste titre puisque le Conseil nous a donné raison en déboutant les Témoins de Jéhovah de leur plainte par une décision en date du 22 novembre 2007.
L’actualité, avec l’affaire Jaycee Dugard, jeune fille américaine séquestrée pendant 18 ans par un déséquilibré, nous a montré qu’un individu pouvait exercer sur un groupe humain une emprise psychologue très profonde.
Phillip Garrido, le ravisseur n’avait de cesse de présenter à ses victimes un tableau foncièrement désastreux du monde extérieur pour pouvoir les soumettre radicalement à ses volontés.
Il existe une similitude entre le comportement individuel et celui collectif d’un groupe religieux tel que celui de la Tour de Garde.
Pour conserver ses adeptes sous sa coupe idéologique, la Tour de Garde présente à ses ouailles le tableau d’un monde exclusivement calamiteux et explosif.
Ainsi les adeptes se replient en se réfugiant naturellement à l’intérieur de la carapace de la secte US présentée comme un havre spirituel protecteur face à un “monde méchant” caricatural.
CQFD